La pluie nettoie le trottoir des foulées anonymes.
Il faudrait une pluie torrentielle d’oubli en l’âme pour ne plus se souvenir de rien, afin d’oublier qui nous sommes vraiment et toutes ces failles dont nous avons tellement honte. Mais, il faudrait oublier également ces instants de bonheur toujours trop courts, ceux dont on devine l’intensité qu’après-coup, quand le soleil descend à l’horizon et laisse place à l’obscurité. On se met donc à rêver de cette pluie nocturne, qui viendrait exactement à l’instant où toutes les rues seraient vides, où l’espoir serait une illusion qui nous met la tête à l’envers.
Alors viendrait l’oubli, un retour à la case départ d’une nouvelle chance, là où le soleil finit toujours par se lever.